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Suite aux réserves émises le 22 juin par le Conseil consultatif de l’émirat (Majlis al-Choura), la réforme de la kafala voulue par les autorités qataries annoncée pour la fin 2015 pourrait être retardée.

C’est le quotidien qatari en langue arabe Al-Sharq qui a rapporté le mardi 23 juin que le Conseil consultatif avait estimé la veille que le projet de loi réformant le code du travail et le système de de parrainage nécessitait un examen complémentaire. Mohamed ben Moubarak Al Khoulaifi, le président du Majlis al-Choura a ainsi affirmé qu’il n’était « pas nécessaire de se presser » car « il faudrait un an pour mettre en œuvre la loi après sa publication dans le journal officiel ». Or il s’agit là d’une nouvelle demande d’examen supplémentaire en l’espace d’un mois. Le projet de loi comprend 50 articles et avait pour objectif de faciliter la possibilité de changer d’emploi pour les travailleurs expatriés mais aussi de pouvoir quitter le pays sans autorisation de l’employeur. Il s’agissait aussi d’assouplir les exigences du “certificat de non-objection” (CNP) que les travailleurs étrangers doivent se procurer pour changer d’emploi.

Bien que le retard de cette loi attendue soit imprévue, la dynamique générale est bien celle d’un e lent processus de réforme du code du travail qatari. La prise de position du Conseil consultatif traduit en fait un certain rapport de forces entre conservateurs et groupes de pressions tentant de retarder les reformes du code du travail et d’autres plus progressistes et / ou sensibles aux critiques internationales, notamment en raison de l’attention médiatique dans le cadre de la coupe du monde de football 2022. D’ailleurs, l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a pris une série de mesure en février 2015 pour améliorer le statut des travailleurs (en facilitant le paiement électronique des salaires pour tous les travailleurs du secteur privé par exemple ou encore avec l’embauche de d’environ 300 inspecteurs du travail)

Des organisations internationales telles qu’Amnesty International poussent cependant le Qatar à tenir ses engagements en matière d’amélioration des droits des ouvriers, et en particulier sur la réforme de la kafala.

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