Advertisements

L’éducation transfrontalière (ou transnationale) monte en puissance dans le Golfe. Cette expression tend à englober les phénomènes incluant la mobilité internationale des individus faisant des études supérieures mais aussi l’exportation des programmes d’enseignement tertiaire et l’établissement d’une offre d’enseignement supérieur à l’étranger.

Dans ce cadre, les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) sont de très gros récepteurs de biens éducatifs. Leurs stratégies d’importations datent de la fin des années 1990 mais les résultats d’une étude du British Council intitulée The shape of things to come 2 : the evolution of transnational education ont permis de cerner les récents développements dans le Golfe. Cette étude du British Council montre que l’existence d’un cadre règlementaire efficace dans le pays d’accueil est essentielle pour le succès et la durabilité d’une activité transfrontalière éducative (ou autre). Précisément, les Émirats arabes unis sont ceux parmi les Etats du CCG qui fournissent l’environnement le plus favorable pour l’accueil d’étudiants et de biens éducatifs. Cela pourrait expliquer que l’enseignement transnational y représente une part importante de l’offre d’enseignement supérieur : les 37 filiales de campus délocalisés représentait en 2013 dans le monde le plus grand nombre de campus délocalisés dans un seul pays.

Cependant, aucune stratégie nationale n’a été encore établie à l’échelle des Émirats Arabes Unis et seuls certains émirats, comme Dubaï, sont très actifs dans ce domaine. Pourtant les principales raisons de l’engagement de Dubaï dans l’attraction de campus étrangers – telles que le développement d’une main-d’œuvre qualifiée et la possibilité de fournir un enseignement supérieur de qualité à la population expatriée croissante – sont fondamentales pour tous les Émirats. A l’inverse, Dubaï et les EAU connaissant les mêmes défis que les autres pays du Golfe en ce qui concerne le contrôle qualité et l’accréditation des programmes, la reconnaissance des diplômes délivrés, la pertinence des programmes par rapport aux marchés du travail locaux ou encore les défis posés par les différences de normes culturelles et de compétences linguistiques entre les élèves et les programmes d’enseignement.

Jane Knight, de l’Université de Toronto, s’est penchée sur ces phénomènes des campus délocalisés et a proposé un schéma de classification à trois niveaux des hubs éducatifs en fonction de leurs vocations (voir: Jane Knight, “Student Choice in Higher Education: Motivations for Choosing to Study at an International Branch Campus”, in Journal of Studies in International Education, November 1st 2012, 16: 413-433). On y trouve les hubs d’étudiants, qui cherchent à attirer des étudiants locaux et étrangers, les hubs de talents, qui visent à développer l’attraction de personnes qualifiées qui resteront dans le pays, et les hubs de connaissance, qui cherchent à construire des infrastructures de recherche (dans « l’évolution » de l’enseignement transnational, alors que le recrutement des étudiants est le principal moteur de la plaque tournante des étudiants, le maintien de ceux-ci est essentiel pour créer un hub de talents. Le hub de connaissances, en plus du recrutement et de la rétention des étudiants, vise également à assurer la production de la connaissance et de l’innovation).

Ainsi, les Émirats Arabes Unis se sont imposés comme l’un des centres d’éducation de premier plan du Moyen-Orient mais sont en train de passer d’un hub de talents à un hub de la connaissance. Il semble donc bien que les campus délocalisés ne soient pas que des outils marketings dont la durabilité et la contribution à l’éducation des pays d’accueil sont limités. Une bonne nouvelle pour Dubaï qui en accueille un certain nombre. Et un exemple pour le reste des Émirats.

Mehdi Lazar, M.S., Ph.D.

Advertisements

Pin It on Pinterest

Share This
%d bloggers like this: